Niveau de compréhension : Internouille
Niveau d'importance: Soyez attentif
J'adore les 'buzzwords', pas vous ? Vous savez les petits mots qui font marketing. Puisque notre société devient de plus en plus 'branchée', l'informatique a plus que sa part de mot à la mode. Tout ces mots utilisés à tord et à travers sans vraiment savoir ce qu'ils veulent dire, mais qui sonnent bien. Nous avons les buzzwords web 2.0, podcasting, réseaux sociaux et le toujours plus populaire '3G' !
Dans l'underground geek, monde sombre de la techno, nous gardons un mot précieusement et jalousement. Comme si nous avions peur qu'il ne s'échappe et qu'il ne perde de son innocence quand il tombera dans les mains des 'marketteux'.
Il est inévitable que ce 'mot' occupera toute la place et sera le sujet des tribunes technos et des 'pep talk' des vendeurs. Puisque ce mot provient de l'anglais, il fallait absolument inventer un mot complètement dénaturé pour s'assurer qu'aucune relation anglophone ne soit trouvée. Comment fait-on pour traduire un mot qui n'existe pas ? Mis-à-part le français nous prenons le mot dans la langue d'origine et lui donnons un accent local, comme les finlandais ont fait avec notre Ski-doo qui est tout simplement 'moto-neige', avec un accent 'Suomi'.
L'office Québécois de la langue français a pondu le terme suivant : infonuagique. Hmmmm ! Pas très vendeur. Voici donc la traduction du mot de la semaine : 'Cloud computing'. Pour les besoins de la cause, je vais continuer à utiliser ce terme. Désolé pour les puristes, mais je trouve aussi que l'informatique de nuage est tout aussi 'glauque'. C'est pour vous satisfaire que je ferai le signe de guillemets avec mes doigts à chaque occurrence du terme 'Cloud computing'.
Tous les 18 mois, il est dit que les ordinateurs personnels doublent leur vitesse d'exécution. Affirmation débattable, mais toutefois qui aborde aussi une notion de complexité. En effet, plus les ordinateurs sont puissants plus ils deviennent complexes. C'est probablement pour cette raison qu'il existe un retour à la simplicité où les 'netbook', 'iPod' et 'iPad' sont plus populaires.
Il y a certes une question d'économie, puisque que ces appareils sont très abordables. Mais la question est aussi le besoin de simplicité et de liberté que les consommateurs demandent de plus en plus. D'un côté nous avons des petits 'mobile' qui offrent une certaine puissance, mais jamais la puissance d'un ordinateur de bureau, qui exécute Outlook, Firefox et Word dans un tourbillon de 'multitâche'. Nous sommes donc en face d'un dilemme, doit-on sacrifier les fonctionnalités pour la mobilité ?
La réponse : le 'cloud computing'
Pour le débat, j'éviterai toute association avec le iPod et certains 'téléphones intelligents'. Nous aurions beau mettre toute la puissance du 'Cloud computing' à leur disposition, l'ergonomie reste et il est impossible d'écrire un texte de 300 mots sur un clavier virtuel. Fin de la parenthèse.
Le 'cloud computing' est d'utiliser la puissance d'exécution d'un autre ordinateur, ou d'un serveur et d'en afficher seulement le résultat. Nos amis de chez Google ont compris ce principe depuis longtemps avec Google calendar et Google docs. Votre navigateur devient ainsi une plateforme qui peut agir de traitement de texte, de tableur, de console de jeux et bientôt grâce au HTML5, de cinéma maison.
D'ailleurs, tous les produits mis en marché par Google ont la notion de 'Cloud computing' en tête. Leur navigateur Chrome, Androïd et Chrome OS sont tous des produits qui sont conçus pour un maximum de mobilité sans perdre de la fonctionnalité.
Je suis de ceux qui croient que la sortie du 'iPad' est une réponse à ce mouvement. Bien qu'il reste du chemin à faire, l'ajout d'un clavier en option est la preuve qu'Apple à en tête une clientèle qui voudrait se débarrasser de leur potable pour quelque chose de plus mobile.
Techniquement, pour ceux qui n'ont pas compris, vous utilisez votre navigateur pour toutes vos applications, qui ne sont plus installées sur votre ordinateur, mais sur un serveur 'super-puissant' sur Internet. Lorsque vous jouez un jeu par exemple, c'est seulement l'affichage de l'action que votre ordinateur exécute. Le reste est fait par le serveur distant et qui est transmis par votre lien internet, qu'il soit '3G' ou 'Wi-fi'.
Quand on y pense, on comprend pourquoi la guerre de navigateur Internet est si importante. Que ce soit Microsoft, Apple ou Google, la compagnie qui détiendra la plus grande partie du gâteau, décidera quelles technologies seront utilisées par les milliards d'utilisateurs sur Internet.
La sécurité dans tout cela.
Je ne vois rien qui est très reluisant pour la sécurité informatique. La centralisation des services offre un seul point d'entrée aux problèmes. Certains diront que ceci rend les choses plus faciles à contrôler et à sécuriser. Je tends à être d'accord, par contre, la nature humaine étant ce qu'elle est, la corruption viendra probablement des personnes et non de l'informatique proprement dite.
Dans ce modèle, il faut oublier l'anonymat.
Je crois entendre certaines personnes qui disent qu'elles n'ont rien à cacher. Je répondrai que depuis les attaques du 11 septembre, 'the patriot act' donne la possibilité au gouvernent américain de vérifier toutes les communications ou le stockage sur son territoire. Puisque qu'au Canada tous ces services termineront inévitablement leur voyage chez nos voisins, je vous laisse terminer la suite.
Est-ce une raison pour baisser les bras ? Je ne crois pas. L'information est une source de pouvoir et vous avez toujours la possibilité de vous informer et de plusieurs sources différentes. Ce que vous faites de l'information est votre décision.
Contactez-moi pour tout commentaire, question ou suggestion.
Martin Gill
Ressources
Wiki : http://fr.wikipedia.org/wiki/Informatique_dans_les_nuages
Un article sur le Cloud computing : http://www.infoworld.com/d/cloud-computing/what-cloud-computing-really-means-031
Article sur le patriot act : Denis Lessard
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